• Angoisse de la marge blanche

    J'envie cette page blanche en devenir, qui sait déjà qu'un jour son parcours sera noirci d'anecdotes, de pensées, d'aventures, de tours d'esprit. La vie s'écrit à côté de moi, chaque mot trouve sa place. Le lecteur prononcera même naturellement les liaisons.

    Un trait bien visible m'exclut de ce mouvement. J'accueille les corrections, les critiques, les prémisses d'une idée à développer. Je donne tout de moi avec l'illusion d'appartenir à l'ensemble. Mais je ne suis que ce qu'on y jette.

    Bien sûr, la marge inhale les peurs, les doutes, les errances, elle s'y consacre; c'est donc mon rôle, évidemment. Mais ce n'est pas là que tout se joue. Le texte achevé, au mieux je reste immaculée sans plus d'utilité, au pire je n'ai même plus lieu d'être.

    Il ne vient à l'idée d'aucun écrivain d'y faire filer sa plume. Pas assez de place pour lui en accorder une, probablement. A la limite, on reconnaît son dévouement et sa disponibilité, mais elle n'est que ce qu'elle est, quand bien même elle se livre entièrement. A la limite, oui...

    Je ne suis pas née du bon côté.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :